EOPA - Des organes livrés par des avions sans pilote

3.05.2018
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NGC à XPONENTIAL 2018

EOPA – Des organes livrés par des avions sans pilote

Isabelle Pion, La Tribune, Source

Des entreprises sherbrookoises, dont NGC Aérospatiale, planchent sur ce qui pourrait être le premier avion électrique à décollage vertical qui servira à la livraison d’organes au pays. NGC, Optis Ingénierie et le Centre des technologies avancées (CTA) — BRP de l’Université de Sherbrooke font partie d’un consortium piloté par Zénith Altitude, une entreprise de Bromont.

L’avion EOPA, pour «Electrical Optionally Piloted Aircraft», peut être piloté, mais aussi voler sans pilote, indique le président et chef de direction de NGC Aérospatiale, Jean de Lafontaine. Le projet vise à répondre aux demandes de l’entreprise Lung Biotechnology, dont l’objectif est de pouvoir faire du transport d’organes rapidement. Le consortium regroupe aussi Brio Innovation de Laval.

Dans le cadre de ce projet, NGC est responsable de la navigation, du guidage et de la commande autonome de l’avion, plus particulièrement de la transition entre le vol vertical et horizontal, ce qui est considéré comme une phase plutôt critique. NGC veille également au système de détection et d’évitement d’obstacles.

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« On a démontré la faisabilité du contrôle d’avion où les ailes font une rotation. »
— Jean de Lafontaine
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« On est dans une phase de consolidation et par la suite il y aura une phase de design préliminaire […] si tout va comme prévu », explique M. de Lafontaine.

Difficile transition
«On a démontré la faisabilité du contrôle d’avion où les ailes font une rotation. On décolle et les ailes pointent vers le ciel. À mesure que l’avion s’élève, les ailes font une rotation pour devenir comme un avion conventionnel, et ensuite voler horizontalement. On a développé le logiciel qui permet de contrôler cette transition-là entre le vol vertical et horizontal. À l’inverse, quand on arrive à destination, il faut changer d’un vol horizontal vers un vol vertical. C’est très critique cette phase-là, puisque l’avion peut décrocher et s’écraser. On le fait sans pilote, donc de façon automatique avec notre logiciel. C’est ce qu’on a démontré dans la phase conceptuelle: on peut faire ces transitions sans humain à bord, à partir de logiciel de contrôle que l’on développe.

«Il y a pas si longtemps, on pensait que ce n’était pas faisable de faire un avion qui transporte 600 livres en termes de cargo et qui puisse voler sur une distance de plusieurs centaines de km avec juste une puissance électrique. C’est la première fois qu’on fait ça. Quand on m’a parlé de ça au début, je me suis demandé comment c’était faisable. Finalement, avec les calculs, ça démontre que c’est possible.»

L’appareil, qui sera conçu à Bromont, pourrait voler autour de 2024-2025, espèrent les artisans du projet. Celui-ci doit cependant franchir de nombreuses étapes avant d’en arriver là. «Il y a différents niveaux de certification», note M. de Lafontaine, en soulignant la complexité du processus.

NGC participe à une foire internationale à Denver, cette semaine, en lien avec les véhicules aériens sans pilote. NGC y présentait, en collaboration avec Laflamme Aero, une entreprise de Saint-Joseph-de-Coleraine, un projet d’hélicoptère à deux rotors autonomes pour le transport de marchandises et l’inspection d’infrastructures, entre autres. «Il y a très peu de ce genre d’hélicoptères qui existe dans le monde. Il y a une demande pour ce genre de véhicules autonomes, mais il y en a très peu dans cette catégorie.» Ce projet a bénéficié d’un financement du CARIC (Consortium en aérospatiale pour la recherche et l’innovation au Canada).

Par ailleurs, note M. de Lafontaine au passage, le satellite Proba 1, un des fruits de l’expertise de NGC, «a battu tous les records de longévité» en matière de satellites d’observation de la Terre.