EOPA - UdeS veut former la relève en aéronautique

18.06.2018
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Unmanned Aerial Vehicle

Motorisation électrique: l’UdeS veut former la relève en aéronautique

13 juin 2018 – Jean-François Guillet, La Voix de l’Est. Source

SHERBROOKE — La sphère de la motorisation électrique est en pleine effervescence dans l’industrie aéronautique, laissant présager une forte demande de main-d’œuvre spécialisée dans ce créneau. Pensons notamment à Unither Bioélectronique, dont le centre de recherche et de développement dédié à ce type d’aéronefs est actuellement en chantier à Bromont. Afin de demeurer à l’avant-scène dans ce domaine de pointe, l’Université de Sherbrooke (UdeS) met en place des projets pour former cette « nouvelle génération » d’ingénieurs.

Aviation hybride, robotique et technologies de propulsion ne sont que quelques-uns des projets sur lesquels planchent les étudiants de David Rancourt, professeur de génie mécanique à l’Université de Sherbrooke. « On est conscients qu’un des grands défis d’entreprises comme Unither Bioélectronique sera de recruter des ingénieurs compétents en électricité puis en aviation dans un avenir rapproché. C’est un écosystème que l’on veut développer parce qu’il n’y a pas encore de formation universitaire. Pas question de rater le bateau, a imagé l’enseignant. On veut faire partie de la solution dans cette industrie qui va certainement connaître une très forte croissance partout sur la planète. »

David Rancourt et ses collègues ont par ailleurs eu des discussions en ce sens avec ceux qui chapeautent la conception d’aéronefs à Bromont. En fait, le premier jalon du projet d’usine d’avions à motorisation électrique d’Unither, dévoilé en primeur par La Voix de l’Est en octobre, a été officiellement lancé le 30 avril. La filiale de la multinationale menée par Martine Rothblatt a ainsi donné le coup d’envoi à la construction d’un vaste hangar, qui abritera également un centre de recherche et de développement sur le site de l’aéroport Roland-Désourdy.
Le projet est piloté par Zénith Altitude, à la tête d’un consortium réunissant le Centre des technologies avancées BRP de l’Université de Sherbrooke, NGC Aérospatiale (Sherbrooke), Optis Ingénierie (Sherbrooke) et Brio Innovation (Laval).

Depuis près d’un an, le groupe a progressé à vitesse accélérée pour mettre au point l’Electrically-Powered Optionally-Piloted Powered-Lift Aircraft (EOPA), un aéronef entièrement électrique semi-autonome à décollage vertical. Avec à son bord un pilote puis un technicien, l’appareil pourrait transporter des organes sur une distance avoisinant 460 km.

La compagnie a également acheté un site de près de huit hectares à proximité des infrastructures aéroportuaires. Celui-ci sera destiné à l’usine de fabrication qui, selon le président de la jeune compagnie, Mikaêl Cardinal, pourrait voir le jour « vers la fin de 2020 ou le début de 2021 ». Le lancement de la production d’aéronefs, soit environ un millier sur 10 ans, est envisagé « autour de 2024, possiblement l’année suivante ». À terme, l’initiative estimée à près de 100 millions de dollars devrait générer plus de 200 emplois spécialisés dans la région.

Première canadienne
La pierre angulaire du virage amorcé à l’Université de Sherbrooke est le projet HERA (Hybrid Extended Range Aircraft). Selon David Rancourt, il s’agira du premier avion électrique hybride conçu et fabriqué au Canada. Le biplace, un KR2 à essence, sera converti en un aéronef à propulsion électrique, qui sera doté d’une génératrice afin d’accroître son autonomie. « Ça fait déjà plus de six mois que des finissants en génie mécanique et en génie électrique travaillent ensemble sur ce gros projet », a-t-il indiqué. Or, pas question de faire ombrage à l’initiative d’Unither. « L’avion de l’Université de Sherbrooke devrait être apte à voler avant celui de Bromont. Mais on travaille en parallèle. On ne veut pas commercialiser notre prototype. On fait du développement technologique multidisciplinaire. » Côté échéancier, le projet en est à l’étape de la « conception des systèmes et [du] choix des composants principaux ». Si tout se déroule comme prévu, l’assemblage final et le premier vol auront lieu à l’automne 2019.

Plusieurs compagnies sont partenaires de ce projet, estimé à un peu plus de 150 000 $. « La réponse a été phénoménale chez les gros joueurs de l’industrie aéronautique que l’on a approchés », a fait valoir David Rancourt. Optis Ingénierie fournira notamment le moteur électrique qui sera implanté dans l’aéronef. Pratt & Whitney Canada, Bombardier, Bell Helicopter et l’École nationale d’aéronautique figurent aussi parmi les collaborateurs.