NGC à la Deuxième mission spatiale canadienne au Brésil

14.06.2017
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Un programme pour l’innovation rapproche entreprises canadiennes et partenaires internationaux

Par Mary Gooderham, Le Service des délégués commerciaux du Canada, 2017-02-06
Cet article fait partie d’une série spéciale de CanadExport qui explore les liens entre le milieu des affaires et celui de l’exportation et le secteur de la science, de la technologie et de l’innovation.
source: http://deleguescommerciaux.gc.ca/canadexport/0001163.aspx?lang=fra

Lorsque des représentants canadiens de l’industrie spatiale ont rencontré leurs homologues au Brésil lors d’un événement du nouveau Programme canadien de l’innovation à l’international (PCII), ils ont cru avoir décroché la lune.

L’événement du PCII, à savoir la Deuxième mission spatiale canadienne au Brésil, a eu lieu en mars 2016 à São José dos Campos, un pôle de l’industrie aérospatiale du pays. Axée sur les possibilités de collaboration en R-D entre les entreprises canadiennes et brésiliennes du secteur de l’aérospatiale, la mission visait à établir des partenariats sous l’égide du PCII, un programme qui favorise et soutient les projets industriels de recherche et développement ayant un potentiel élevé de commercialisation entre le Canada et des pays partenaires.

« Ce type d’outil permet aux partenaires de recherche potentiels de faire les premiers pas », affirme Jean de Lafontaine, président et fondateur de NGC Aérospatiale. Cette entreprise de Sherbrooke, au Québec, offre des solutions de guidage, de navigation et de contrôle de satellites ainsi que d’autres applications, telles que des systèmes d’atterrissage spatiaux et des véhicules autonomes. NGC a participé à la mission au Brésil dans l’espoir que le PCII l’aide à financer sa collaboration avec des partenaires brésiliens dans des secteurs comme l’imagerie par satellite.

Lancé en mars 2015, le PCII financera des projets industriels de R-D entre le Canada et le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde et Israël, pays avec lesquels le Canada a signé des accords bilatéraux en science et technologie.

L’initiative bilatérale permet aux Canadiens d’exporter leurs innovations sur le marché international, précise Vanessa Podgurny, déléguée commerciale chargée du PCII. « Le but du programme est de commercialiser les innovations canadiennes, ce qui peut s’avérer particulièrement difficile pour les PME. »

Le programme appuiera plus tard la création, l’adaptation et la validation de technologies mises au point par des entreprises canadiennes et leurs partenaires internationaux. Des appels de propositions ont déjà été lancés pour des projets en Inde et en Israël.

Entre-temps, explique Vanessa Podgurny, le PCII met l’accent sur des activités connexes de « familiarisation », comme la mission spatiale au Brésil, organisées par le Service des délégués commerciaux (SDC) du Canada. Les entreprises qui participent à ces événements peuvent profiter de rencontres individuelles, pour discuter de leur modèle d’affaires et de leurs projets d’innovation, par exemple.

« Cette démarche permet de structurer un environnement propice à de futures collaborations », poursuit Vanessa Podgurny, ajoutant que quelques entreprises finiront par travailler ensemble même en l’absence de financement supplémentaire de la part du PCII. Pour ceux qui obtiennent du soutien, le CPII consacre annuellement 1 million de dollars par pays, et finance des projets à hauteur de 600 000 dollars.

« Les capacités du Canada en matière de technologie sont immenses. Nos ingénieurs sont parmi les mieux formés, et nous avons certains des meilleurs cerveaux scientifiques, dit-elle. Cela dit, il est souvent difficile d’exploiter ces talents sur le marché en raison de la légère réticence des Canadiens à prendre des risques, eux qui ont plutôt tendance à se satisfaire du statu quo.

« Pour que le Canada puisse développer son économie et augmenter ses parts de marché, ses entreprises doivent traverser les frontières. » Les programmes tels que le PCII permettent de réduire certains risques, tandis que le SDC « effectue une bonne part du travail sur le terrain » au nom des entreprises. « Nous nous assurons de jumeler les bonnes personnes », observe‑t‑elle.

Le SDC agit comme intermédiaire pour favoriser des partenariats qui tireront profit de ces possibilités, dit-elle, et il travaille souvent avec d’autres organismes ou ministères gouvernementaux tels que le Conseil national de recherches, l’Agence spatiale canadienne et Agriculture et Agroalimentaire Canada. Le programme PCII est offert en collaboration avec le Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches Canada (PARI-CNRC) pour le Brésil, la Chine, l’Inde et la Corée du Sud.

L’événement tenu au Brésil sous le thème « Jeter des ponts » comprenait une séance sur le PCII et une journée d’ateliers et de discussions avec d’éminents chercheurs à l’Institut brésilien de recherches spatiales (INPE). Les représentants de 24 entreprises des deux pays, dont 20 petites et moyennes entreprises, ont participé aux deux journées. Le SDC avait planifié des occasions de réseautage en marge de l’événement et organisé une visite des lieux pour les 120 participants, en plus de 86 rencontres personnalisées entre représentants d’entreprises aérospatiales canadiennes et brésiliennes. Au total, 21 possibilités de collaboration en R-D ont été cernées entre l’INPE et les participants canadiens, qui ont pu discuter sur place avec leurs homologues et ainsi présenter de façon détaillée leurs solutions en matière de recherché.

Alex Krell, le délégué commercial à São Paulo responsable du secteur de l’aérospatiale, rappelle que le Brésil et le Canada ont établi un dialogue de haut niveau concernant la collaboration spatiale auquel participent des gouvernements, des universités et des entreprises afin de répondre à la demande du Brésil en matière de technologie et d’expertise liées à l’espace. Le pays cherche des partenaires stratégiques pour développer ses capacités spatiales afin de relever les défis que posent la surveillance frontalière et maritime, les télécommunications, la prévention de catastrophes naturelles et les interventions à cet égard, ainsi que la préservation des forêts tropicales.

Jean de Lafontaine, de NGC Aérospatiale, voit beaucoup de points communs entre le Canada et le Brésil, tous deux ayant une grande étendue terrestre et de nombreuses ressources naturelles, qu’ils cherchent à surveiller au moyen de solutions semblables faisant appel aux satellites. Par ailleurs, le Canada et le Brésil possèdent des compétences distinctes en matière de technologie satellitaire.

Son entreprise développe des techniques et des logiciels qui corrigent la distorsion des images causée par les inexactitudes et les imperfections des satellites. Ses technologies ont retenu l’attention d’une entreprise brésilienne, AMS Kepler, avec laquelle NGC collabore déjà, mais sans échange de fonds, ainsi que celle de l’INPE. NGC aimerait avoir accès aux images par satellite produites par AMS Kepler afin de tester et de valider son logiciel, affirme Jean de Lafontaine. Ce genre de coopération entre deux entités est un bon exemple des objectifs du PCII, qui permet à des partenaires de mettre au point ensemble des technologies, remarque-t-il. « C’est une situation où chacun y met du sien. »

Bien que la mission ait permis à NGC de présenter ses produits et de rencontrer des personnes influentes de l’industrie, Jean de Lafontaine rappelle qu’il faut du temps pour conclure des ententes. « La patience est de rigueur. » Le SDC est toujours prêt à aider, que ce soit pour mieux connaître les acteurs ou garder un lien avec le personnel clé du secteur.

« Au Brésil, les relations humaines comptent davantage que les relations commerciales, commente-t-il, et des programmes comme le PCII peuvent aider à briser la glace. Il s’agit d’un atout important à avoir dans son jeu. »

Selon Alex Krell, le PCII peut aider les entreprises comme NGC de deux manières : en finançant éventuellement leurs recherches et en soutenant globalement leurs partenariats de recherche et leurs initiatives commerciales sur la scène internationale. De son côté, le SDC donne une plus-value au PCII « en mettant à profit sa profonde connaissance du marché et son vaste réseau local afin de favoriser la création de nouveaux partenariats et d’accélérer la commercialisation des travaux de recherche et de développement ».

NGC est un parfait exemple de l’expertise canadienne de pointe en matière de science spatiale, de recherche et d’ingénierie, dit Alex Krell. « Nous sommes également fiers de voir que NGC adopte une approche d’internationalisation commerciale ciblée et d’expansion sur un marché en croissance comme le Brésil. »

Le SDC a soutenu NGC sur chaque marché où l’entreprise est en activité, y compris au Brésil, en lui fournissant des contacts pertinents, des analyses de marché, une aide à la résolution de problème et, surtout, en trouvant et en créant des débouchés. Le PCII est un excellent outil tant pour les entreprises que pour le SDC, car il favorise l’établissement d’importants partenariats internationaux en R-D « qui seront les vecteurs de débouchés commerciaux de l’avenir », indique‑t‑il.

Le PCII établit également des ponts entre les administrations gouvernementales, ajoute Alex Krell, en mobilisant leurs homologues respectifs des secteurs des sciences, des technologies et de l’innovation et en créant ainsi un cadre idéal pour assurer la collaboration avec le secteur privé et une commercialisation mutuellement bénéfique.

Faire des rapprochements entre le Brésil et le Canada afin de repérer des projets d’intérêt mutuel pour leurs PME est une tâche de première importance pour le SDC. « Grâce à sa grande compréhension des capacités, des besoins et des plans d’affaires des entreprises tant brésiliennes que canadiennes, le SDC peut trouver des compétences complémentaires qui pourront être mises à contribution pour atteindre des résultats communs, explique-t-il. Il faut plus qu’une simple présentation pour que ce genre de partenariat stratégique en R-D décolle vraiment. »

À l’instar de la mission sur l’aérospatiale, le PCII entend mener d’autres activités semblables de développement de partenariats au Brésil, notamment dans les secteurs des TIC et des sciences de la santé, affirme Alex Krell.

Et, précise-t-il, le SDC sera appelé à contribuer à toutes les étapes du processus afin d’obtenir un résultat qui satisfait toutes les parties.

« Dans la plupart des cas, la première étape consiste à instaurer un climat de confiance avec l’aide du SDC. Grâce à des initiatives comme le PCII, nous sommes parvenus à faire reconnaître le Canada comme un partenaire de premier plan, en nous appuyant sur la compétence de notre industrie aérospatiale. »